L’histoire de la cartouche NES et du sceau Nintendo

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Mis à jour le 24 mai 2021 par Wiscrof aka Jackie Chun

Au cours de l’histoire de la NES, Nintendo a influencé l’industrie du jeu vidéo et les développeurs d’une manière et les a marqué d’une empreinte indélébile. Pour encourager l’implication des développeurs tiers, Nintendo a mis au point le système NES “Seal of Quality”.

La sécurité des cartouches Nintendo

Nintendo avait le monopole total de la production physique des cartouches. Ils ont placé une puce d’authentification dans chaque console (la puce d’authentification 10NES), et une autre dans chaque cartouche sous licence officielle qui portait le “Sceau officiel de qualité NES”. Le jeu ne se lançait pas si la console ne reconnaissait pas la puce d’authentification dans la cartouche.

Cela permettait à Nintendo d’appliquer des règles très strictes aux développeurs tiers. Cela a eu un impact important sur de nombreuses société de développement car, quelle que soit l’importance de la demande pour leur jeu, ils étaient limités dans la production que Nintendo décidait, et c’est donc Nintendo qui décidait également du montant des bénéfices que le développeur pouvait réaliser de par cette restriction physique.

La violation de la sécurité

Il n’a pas fallu longtemps pour que des sociétés douteuses veuillent s’affranchir de ce dispositif de sécurité mis en place par Nintendo. Le marché pirate à l’étranger était véritablement énorme. Les multicartes étaient partout, et certains développeurs voulaient s’affranchir du moule du “label de qualité”. Une société appelée Color Dreams a découvert comment contourner la puce de verrouillage en 1989, en envoyant une pointe de tension pour désactiver la puce de verrouillage. Color Dreams a produit quelques jeux et, grâce à une faille juridique (en contournant la puce, ils ne violaient pas les droits d’auteur du brevet Nintendo), a été autorisée à le faire. Cependant, Nintendo menaçait silencieusement les revendeurs de ne pas vendre les jeux de Color Dreams, et ils y sont parvenus. Color Dreams a changé de nom pour devenir Wisdom Tree et a commencé à produire des jeux sur le thème de la religion, en guise de piqûre de rappel à la moralité de Nintendo qui régnait alors sur le marché vidéoludique.

D’autres sociétés pirates de l’époque utilisaient un dongle qui se connectait à un jeu sous licence avec la puce pour l’utiliser dans le processus d’authentification avec la 10NES. De nombreux jeux pirates importés ont fonctionné de cette manière partout dans le monde.

Tengen, le renégat

Tengen, une société d’Atari, était le seul détenteur de licence officielle à faire défection à Nintendo. Comme ils ne voulaient pas risquer d’être responsables des dommages causés aux consoles NES par la méthode des pointes de tension, ils ont parvenu à avoir accès au brevet de la puce de verrouillage et ont pu la reproduire dans leur propre format : la puce Rabbit. Nintendo a poursuivi Tengen pour violation du droit d’auteur et a gagné, mais les plaintes de Tengen contre Nintendo pour antitrust n’ont jamais été tranchées à ce jour.

Vous êtes soit avec nous, soit contre nous dixit Nintendo

Pendant de nombreuses années, Nintendo a également appliqué une politique stricte à l’égard des développeurs tiers : si vous développiez un jeu pour Nintendo, vous ne développiez que des jeux pour Nintendo. Cette politique a eu raison de la plupart des entreprises qui ont tenté de briser ou d’ébranler le monopole de Nintendo. C’est le cas de la Sega Master System qui n’a jamais vraiment décollé aux USA alors qu’elle jouissait d’une grande popularité à l’étranger, dépassant même la NES.

Nintendo avait également une politique de censure stricte pour les jeux sortis en Amérique sous leur licence. Ils censuraient tous les contenus pour les sorties américaines, supprimant tous les mots douteux ou les contenus pour adultes et semi-adultes.

Lorsque Nintendo a finalement assoupli sa politique en raison de la pression gouvernementale et du fait que les développeurs commençaient à passer à la concurrence, le marché s’est à nouveau ouvert un peu et d’autres sociétés ont eu la possibilité de prendre une part équitable du gâteau avec leurs systèmes. Lorsque la console NES a été rééditée sous le nom de NES 2 dans les années 90, la puce 10NES a été retirée de la console, marquant la fin de l’emprise la plus forte jamais connue sur les développeurs tiers dans toute l’histoire des jeux vidéo.

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