Je m’appelle Kiryu Kazuma, je ne sais pas comment me définir. Certains vont me présenter comme un yakuza et d’autres comme un orphelin de Sunflower ou le 11 ème personnage de jeux vidéo préféré via un sondage de Famitsu de 2010. Tout ça me laisse de marbre. J’arpente la ville d’un Japon urbain revisité sauce Yakuza et tente de faire en sorte d’être à la hauteur de Kazama qui a pris soin de moi… Les lumières des boutiques éclairent la nuit et les passants des rues grouillantes de bruits, d’odeurs et de beuveries.

Un monde de l’argent facile, du crime, de l’audace qui vient à moi encore une fois. Mes poings vont devoir parler et faire cracher l’argent aux mauvais payeurs. Que la personne soit fragile ou pas, cela n’a pas d’importance, elle devra payer : dette d’argent, dette d’honneur. C’est le cas encore une fois cette nuit. Je ne trouve rien de glorieux là-dedans, je remplis ma mission, ce que l’on attend de moi. Je rends l’enveloppe au client « Loan Shark ». Point. Ses mots me promettant monts et merveilles ne résonnent pas en moi, faire ce que je fais n’a rien d’épanouissant et ne me fait pas rêver…

Je n’ai pas d’idéal, pas d’ambition, je suis un visiteur sans quête et bien que je sois un véritable Yakuza au bas de l’échelle, une part de moi reste ronin lorsque je me retrouve seul et laisse mes pas fouler le macadam. Les commerces défilent enfilées comme des lampadaires… je m’arrête un instant devant un « Aloha » clignotant en grandes lettres.

Aloha veut dire bonjour en hawaïen… D’ailleurs il y a un jeune sumo hawaïen qui promet : Akebono.

Peut-être sera-t-il le premier Yokozuna non japonais un jour… Seul l’avenir nous le dira… Mais le futur pour le moment n’a pas trop d’importance, c’est le présent qui compte : 1988, le 15 décembre pour être exact. La lune est encore de bronze ce soir, ses reflets donnent un teint d’or à la nuit, les rues sont pleines de frics et je vais en prendre.

Je croise une bande de voyous s’attaquant à un passant, je leur règle leur compte sans fioriture – pas de techniques issues du Naha-te, du Shoriji Kenpo ni de l’Aïkido mais du brut, du bestial ou du rapide; j’ai pour moi 3 choix de techniques de combat que j’augmenterai en investissant dans un arbre de compétences.

Cet arbre c’est un vieux foreigner qui m’en a parlé. Un foreigner est un habitant occidental des pays asiatiques et celui-ci semble être là depuis un bon bout de temps…

D’ailleurs il ressemble étrangement à David Carradine de la série Kung-Fu.


Il n’a cependant rien d’un petit scarabée mais plutôt d’une blatte qui vient polluer ma soirée en m’accostant tout de go. Mais ses mots font écho en moi. C’est la première fois que l’on me dit de croire en moi, d’investir sur moi-même. Il voit en moi un bon combattant, j’avoue que j’ai toujours eu des accointances avec l’esprit du Bushido et que l’art du combat m’a toujours fasciné.

Bref, ce soir c’est karaoke et boissons fortes avec mon ami d’enfance Akira Nishiki, le code du samouraï attendra.

Nishiki ne pense pas comme moi… Pour lui, on a ce que l’on mérite, il faut un peu faire sa place en somme mais je le considère comme mon frère, il faut dire, que nous avons grandi ensemble à Sunflower.

Pour ma part je n’ai qu’un idéal, être à la hauteur de Kazama et qu’il soit fier de moi. Dans ce troquet, la télé tourne en boucle et après quelques verres, un flash spécial est diffusé… Le mauvais payeur que j’ai tabassé est… mort ! Et mort au mauvais endroit, dans une zone nommée « empty lot » un endroit que les yakuzas désirent avoir plus que tout et qu’y attirer l’attention est une très très mauvaise idée… C’est ce que m’avoue les anciens du clan Dojima. Je ne m’attendais pas à leur soutien mais mon honneur doit être lavé, je n’ai pas tué cet homme ! Il fallait que je leur en parle.

Ce « Loan Shark » m’a tendu un piège !

J’ai la tête embrumée, je ne sais plus où j’en suis, les rues défilent maintenues en éveil par le bruit des salles d’arcade Sega, des salles de jeux, de bowling, de baseball où je peux oublier un temps ce sale coup du destin. Je casse quelques mâchoires, dessaoule des poivrots à coups de couvercle de poubelles dans la tronche et j’y prend du plaisir. Je donne un sens à mon vagabondage nocturne. Je suis le protecteur des habitants de la ville, il fallait bien que quelqu’un s’y colle et je n’avais pas encore trouvé mon rôle. Des aventures se succèdent au gré de mes rencontres, j’aide un gamin à récupérer le dernier Dragon Quest, sors une collégienne des griffes d’un réseau de revente de sous-vêtements usagés, casse la tronche à des zombies pour sauver le clip de Michael Jackson… Mon enquête va me mener à un bureau maqué par Kuze, l’un des chefs Yakuza que j’avais rencontré plus tôt, il me demande d’espionner pour lui, de trahir mon clan. Toute cette mascarade, cet assassinat pour lui donner l’occasion de récupérer cet empty lot ? Je n’ai que faire de ses promesses, de ses belles paroles. Je quitte le bureau sans me retourner : Vaurien oui, traitre jamais.

Je dois quitter les Yakuzas pour ne pas mettre l’homme que j’estime comme mon père dans de plus mauvais draps. Je dois l’annoncer ou plutôt, demander la permission de me retirer…

Kuze s’y oppose. Après m’être débarrassé de ses sbires puis de lui, je dois me confronter au patriarche Sohe Dojima qui donnera à Kuze l’unique choix de se faire yubitsume, une façon pour lui de garder la face…

Je quitte les Yakuzas avec une tape sur la joue et le conseil de ne pas chercher le vrai coupable de l’histoire, de commencer une vie civile avec un travail ennuyeux et des passions qui le sont toutes autant.

Je me retrouve errant une nouvelle fois dans la ville… Je ne sais plus où trop chercher, jusqu’à ce qu’un homme à la main gantée ne m’accoste et m’invite à l’aider… Il est dans l’immobilier me dit-il mais tous les hommes de main qui l’entourent me font penser légèrement autrement.

Je quitte son splendide appartement et me relance dans de nouvelles investigations, je veux savoir ce qui se trame derrière tout cela… L’homme qui est mort a pris une balle dans la tête ! Qui est sont assassin ?

La nuit m’emporte à nouveau dans les ruelles de la ville, j’oublie mes problèmes quelque temps dans deux bars et trois rixes qui me rapportent un peu de pognon, histoire de devenir encore plus fort. Mon arbre de compétences doit s’étoffer et il n’y aura que l’oseille qui pourra le faire pousser.

Des clochards squattent certains endroits et ce n’est pas un hasard, quelqu’un les paye pour ça… J’avance dans mes recherches. Elles me mèneront peu à peu à l’homme à la main noire, l’investisseur immobilier à la tête de la Tachibana Real Estate Agency : Tetsu Tachibana.

Il me dit avoir la main mise sur le empty lot et que Kazama est en affaire avec lui ! La fatigue me guette… Il est 5h du matin. Je dois digérer ce que j’ai vécu et ce n’est que la fin du premier chapitre. Je suis lié par le serment de terminer ma quête quoi qu’il m’en coute… Ou qu’il coutera aux tronches que je vais encore fracasser sous les néons nippons. Mais plus le temps de faire du chiffon dans les rues, j’ai dorénavant un cabaret à faire tourner et un œil en moins. Mais au royaume des aveugles…

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