– Vous n’avez rien à faire ici, Macnaghten !

Cette phrase du patron de Scotland Yard allait sonner le glas de la passible tranquillité londonienne de Whitechapel avec  l’un des plus célèbres massacres de l’ère moderne commis par le plus emblématique tueur en série de tous les temps : Jack L’éventreur.

 

Londres, 1888. La ville est composée de personnes très riches mais d’une immense majorité de pauvres. A cette époque, les rues de la ville puent le mauvais alcool et les sueurs mêlées d’un entassement humain; les irlandais poussés de leur pays par la pauvreté se bousculent dans les villes anglaises, les juifs harassés par des pogrom trouvent refuge aux mêmes endroits… L’indigence fuit dans dans les plus sombres quartiers de la ville, Whitechapel dans l’East End respire pauvreté et prostitution et offre l’effrayante représentation de l’insalubrité sociale en occident….

Retourner dans le rêve du chasseur ?

Dans le jeu, une poupée prend peu à peu vie sous l’apparence d’une charmante femme blonde; une Mary Jane Kelly dévoilée un siècle et demi plus tard sous les mains d’un graphiste de From Software. Il n’en aura pas fallu plus à Jack pour s’immiscer dans un rêve du chasseur où la poupée humaine lui absoudrait ses actes démoniaques en les canalisant comme des échos qui peu à peu se tuent dans une progressive amélioration de son état.

Ses virées nocturnes  lui offrent le spectacle infâme de la pauvreté la plus crasse, dents pourries, sac de poissons rances, cyprine sèchée, et le souffre de l’ère machine, fer, rouille, pétrole et soudain le silence d’une nuit brumeuse – fin Aout, une ruelle sombre où les voix des chœurs de l’église ne résonnent pas, deus ignosce mihi a la sonorité d’une timbale vide, un meurtre aura lieu ici… Mary Ann Nichols 1845-1888.

 

Puissiez-vous trouver votre valeur dans le monde éveillé…

Dans son rêve du chasseur, des innombrables poteaux à perte de vue, des troncs sans branche, il n’y aura pas de fruit sur ces arbres sans racine… Le refus de l’appartenance au reste du monde, une abstraction totale de la maternité dans le brouillard opaque où les oiseaux se cachent sans doute et où beaucoup plus bas se terrent les putrides, le reste du monde utérin qui n’aura nul autre choix que de subir sa « justice ». Annie Chapman 1841-1888.

Un habit sombre et distingué, une allure certaine, dans la canne se cache un fouet, le couperet deviendra scie,  scie deviendra lance, les vices de la sociabilité consumériste n’avaient pas de secret pour lui…. un peu trop grande pour l’affronter à main nue ? Tentons l’embuscade amicale… la lame fera le reste. Elizabeth Stride dit « Long Liz » 1843-1888.

Jack reprend du service et continue d’errer dans les rues de l’East End distinguant aux travers des portes closes les rires hystériques pour les unes et des toux tuberculeuses et de détresse pour les autres… les verrous sont tous fermés dans le quartier et nul n’ouvrira à un inconnu, il parait que des monstres trainent dans le coin ! Les chiens se mêlent en meute et attaquent les cloportes de la nuit, la rage n’est pas loin de défoncer les portes… mais pas ce soir, Whitechapel ne tremblera pas, c’est du coté d’Aldgate qu’on en en-trouvera une, suffisamment pour que la cape s’y glisse… Catherine Eddowes 1842-1888.

Ce soir c’est nuit de chasse…

Qui d’autre que Jack pour symboliser l’être supérieur, celui qui dans son sang porte la dernière preuve génétique de la véritable humanité, Il se pense remède à tous les maux de la terre, lui qui plus malin que les autres sait déjouer toutes les manigances policières ! Jack… qui n’aurait sans doute pas cru lorsqu’il était encore en Inde à subir les brimades de ses propres employés, qu’une nuit, il se montrerait au grand jour à une femme… Dans son carnage, il emportera son cœur avec lui avant de disparaitre à jamais : Mary Jane Kelly 1863-1888.

Le monstre s’est envolé définitivement dans son rêve du chasseur, il disparu sous un nouveau lampadaire que la mairie de Londres s’empressa d’installer dans Whitechapel après l’hécatombe, et qui avec cette simple amélioration de la voirie sauva des dizaines de vies, mais détruisit par la même le travail des prostitués les moins gâtées par la nature…

Le monde est injuste.

Certains affirment qu’après avoir fini Bloodborne, nous en savons plus sur l’Histoire qui terrifia le Londres victorien, que nous comprenons un peu mieux la psychologie de Jack en se plongeant dans l’atmosphère sordide du jeu…

Cependant, par le biais d’une enquête assidue hors du contexte vidéoludique, Sophie Herfort dit qu’il s’appelait Melville Macnaghten et tout porte à croire qu’il est le véritable Jack the Reaper. Melvin Macnaghten était taxidermiste, traumatisé par une mère mal aimante et refoulé injustement de la police peu avant les faits…

Par ailleurs, Il fut chef du département d’enquêtes criminelles de Scotland Yard en 1890… Son rêve du chasseur exaucé, non  ?

 

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